Suivez-moi pendant quelques mois en Amérique du Sud!
21 Février 2013
A quelques kilomètres d'Ushuaia, se trouve le parc national de la Terre de Feu. Seul parc d'Argentine doté de cotes marines.
On y accède par la ruta 3, road 3, ou "Panaméricaine". Je ne le savais pas, mais cette route traverse tout le continent américain, depuis l'Alaska jusqu'au parc dont nous sommes en train de parler, où s'échoue en cul-de-sac son dernier kilomètre. Le long de cette section, un paysage assez particulier d'arbres morts et gris. Certains troncs sont encore debout mais coupés assez bas, d'autres jonchent le sol par dizaines. J'apprends que c'est le résultat du travail des bagnards. Des années durant, les prisonniers les plus "sages" pouvaient travailler en dehors de centre pénitenciaire, et se rendaient en train dans la forêt pour y couper des arbres qui étaient ensuite acheminés je ne sais où le long du rio Pipo.
On commence par suivre un chemin sinueux, longeant la cote, tantôt dans la forêt, tantôt sur les plages de galets. Les arbres semblent jeunes pour la plupart, ils sont hauts et leurs troncs sont fins, mais certains sont beaucoup plus vieux, leurs troncs sont imposants et leurs ramifications nombreuses, basses et tortueuses. Tous ou presque sont couverts d'une légère mousse aux tons clairs. Certains présentent parfois de grosses protubérances rondes le long de leurs branches, fruit d'un mécanisme de défense contre les champignons, qu'ils conservent une fois le parasite éliminé.
L'ensemble, la forêt, au flanc du canal de Beagle aux eaux translucides, sur un fond de montagnes aux sommets enneigés, a un air assez irréel, féérique. L'endroit est calme, paisible, loin du tumulte d'Ushuaia.
On croise dans le parc une faune assez diverse. Entre autres : de nombreuses espèces d'oiseaux, cormorans, rapaces, pics-vert (il parait); mais aussi des mammifères, renards del fuego (firefox!), castors (pas vu non plus mais j'ai la preuve qu'ils existent!), lapins, etc. Pendant les trois premières heures, mon nouveau pote allemand (encore!) et moi marchions silencieusement, dans l'espoir de pouvoir observer un de ces renards dans la forêt. Sans succès. Puis au moment de repartir, pendant que nous attendions le bus sur le parking, deux renards se sont pointés, au milieu des promeneurs et des voitures, sans la moindre crainte!! Les trappeurs du dimanche, on repassera, hein!?
Entre temps nous avions emprunté le chemin au nom évocateur de "los castoreros", ou quelque chose comme ça. Nous n'avons pas eu la chance d'apercevoir les bêtes aux grandes dents, peu aventureuses en journée mais plutôt le soir, en revanche nous avons pu observer leur admirable travail, et en apprendre un peu plus sur leurs méthodes. En effet, au détour d'un chemin, une passerelle surplombe un large pan de rivière, que les castors ont réussi à niveler au moyen d'un barrage d'une quinzaine de mètres de long, fait de branches et de terre. C'est impressionnant de voir l'efficacité de leur construction : environ deux mètres de hauteur séparent le niveau supérieur du niveau inférieur. On apprend que le but de la manœuvre est de maintenir la retenue d'eau du niveau supérieur à une profondeur leur permettant de construire le terrier familial. Terrier qu'ils ne se contentent pas de creuser dans le sol, mais qu'ils construisent comme une véritable forteresse : ils forment un monticule fait de branchages, dont le sommet dépasse de quelques dizaines de centimètres au dessus de la surface, et auquel ils accèdent à la nage par des tunnels immergés. La partie émergée, la "pièce à vivre", est conservée au sec!
La ballade se termine par un superbe panorama sur la baie Lapataia, aux eaux bleues turquoises, avec là encore les montagnes enneigées comme toile de fond, et le tout sous le Soleil! Un tonnerre d'applaudissements pour Dame Nature s'il vous plait!!!
Quentin, le 21 février 2013, autre part entre Ushuaia et El Calafate