Suivez-moi pendant quelques mois en Amérique du Sud!
25 Février 2013
Colossal, gigantesque, époustouflant!!! Quel adjectif pourrait
qualifier cette merveille de la nature? Ce géant de glace qui, comme
un volcan en éruption, comme une tempête en mer, vous procure ce
sentiment d'être si minuscule, si insignifiant. Et ce n'est pas qu'une
impression!
Jugez plutôt : 30km de long, 5km de large et 60m de hauteur émergée en
son front! Un véritable mastodonte, qui s'écoule entre les montagnes,
creusant sa vallée, en produisant d'impressionnants craquements
sourds, dignes des plus gros coups de tonnerre. Sous les vibrations
produites continuellement par sa progression, d'énormes blocs de glace
se détachent et tombent, avec grand fracas, dans les eaux laiteuses du
lac...
Et dire que j'ai bien failli le rater, ce fameux glacier! Comme
d'habitude, je m'y suis pris au dernier moment. Je me suis réveillé,
tranquillement, j'ai pris mon petit déj, tranquillement, et je me suis
pointé à la gare, tranquillement, comme une fleur, pour me procurer
mon billet de bus qui me conduirait au glacier. Comme si le bus
n'attendait que moi pour partir! Sauf que non. Le bus du matin était
parti depuis un bon moment déjà (je dormais encore...), et celui de
l'après midi était complet. Et j'avais déjà mon billet de bus qui me
ferait quitter la ville le lendemain. C'est que la ville ne présente
pas d'autre intérêt que ce célèbre glacier, véritable star de la
région. Bon! Pas de panique, il y a toujours une solution. Il est hors
de question que je quitte El Calafate, que je quitte la Patagonie,
l'Argentine, et même l'Amérique du sud, sans avoir vu le Perito
Moreno!!!
Après enquête, une seule solution "économique" s'offrait à moi : la
location de voiture. Deux fois plus cher que le bus, mais deux fois
moins cher que le taxi. Et autrement plus flexible que les deux autres
moyens. Je me rends donc à l'agence de loc, pas comme une fleur cette
fois, car j'ai pris soin d'appeler avant pour m'assurer des dispos.
Papiers, signature, signature, signature, blablabla, franchise,
assurance, blablabla, état des lieux, blablabla, une dernière
signature, clés, et c'est parti! Et attention, en Chevrolet, s'il vous
plait!!! Bon, en Chevrolet Corsa, mais en Chevrolet quand même!!! (Ici
les Opel sont des Chevrolet, les Dacia sont des Renault, les Golf des
Gol, et c'est ainsi pour pas mal de marques et modèles. Stratégies
marketing... Bref).
Me voilà donc filant, toutes fenêtres ouvertes, libre comme l'air, les
cheveux au vent, qui s'engouffrait joyeusement dans l'habitacle!
Direction la vallée des glaciers. Ahhh quelle liberté, quel plaisir de
conduire! Ça me manquait!
Après quelques dizaines de kilomètres le long des rives du superbe
lago Argentino, quelques lacets s'enchainent à flanc de montagne,
quand tout à coup... WAHOU!!! Au détour d'un virage, je l'aperçois
enfin! Une partie seulement, mais déjà, je ne peux empêcher ma
mâchoire inférieure de tomber devant cet impressionnante masse de
glace. Profitant de la liberté procurée par mon bolide (j'ai précisé
qu'il était rouge??!), je m'arrête à tous les miradors (points de vue)
aménagés le long de la route, et découvre arrêt après arrêt une
étendue toujours plus grande mais toujours incomplète du glacier.
Quelques lacets supplémentaires me mènent au port, et je décide de m'y
arrêter et de monter dans un de ces bateaux, pour faire plus ample
connaissance avec ce mur de glace que je devine derrière ce
promontoire. Quelques minutes de navigation suffisent à dépasser ce
bras de terre, et enfin, droit devant, l'impressionnante muraille
apparaît! Vraiment impressionnante. Le bateau parait ridicule face à
ce gigantesque mur, dont la base est plongée dans le lac, et dont le
sommet, 60 mètres plus haut, est sculpté par l'érosion en créneaux
acérés. Intimidant. Surtout quand il jette à l'eau ses blocs de glace,
créant des petits tsunamis, comme pour nous empêcher de nous
approcher.
Je reprends ensuite les rênes de mon carrosse et continue ma route
pour rejoindre les passerelles qui permettent d'apprécier l'étendue du
glacier dans sa totalité. Ca fait un peu Disneyland, un peu comme aux
chutes d'Iguazu, mais c'est très bien fait, et les plusieurs
kilomètres de passerelles permettent d'admirer le glacier de multiples
points de vue. Tantôt de haut, offrant une vue panoramique sur toute
l'étendue de la coulée, tantôt plus en contrebas, permettant de se
rendre compte de l'immensité du front de glace, à seulement quelques
dizaines de mètres en face. Le glacier gronde, craque, c'est vraiment
un spectacle formidable. J'ai en plus eu la chance de voir LE glaçon
de la journée se détacher et tomber dans le lac, produisant cette fois
un véritable tsunami d'au moins deux mètres d'amplitude, faisant
remuer tous les icebergs à cent mètres à la ronde! Et quel glaçon!! Le
bloc en question, contrairement aux "petits" morceaux de quelques
mètres cubes qui se détachent tout au long de la journée, faisait au
moins 40 mètres de large, sur toute la hauteur du front de glace, soit
60 mètres, sur au moins deux dizaines de mètres de profondeur.
Autrement dit l'équivalent d'un immeuble d'au moins 10 étages qui
s'effondre!!! Imaginez... Incroyable! Et je n'ai même pas parlé des teintes blanches
et bleues que prend la glace sous les reflets du Soleil...
J'ai du mal à partir. Ce lieu est comme magnétique, on a du mal à s'en
détacher! Mais il faut y aller, avant que le carrosse ne se transforme
en citrouille!
Le lendemain de cette magnifique journée, je suis arrivé à El Chalten,
à quelques 300km de là. Charmant petit village encerclé de montagnes
et de falaises, et comptant plus d'hôtels, auberges et bungalows que
d'habitations! Situé au pied du mont Fitz Roy, c'est la capitale
argentine du trekking! Le temps de faire quelques préparatifs, de
comparer une nouvelle fois les différentes offres de location de
matériel (je suis devenu expert en la matière!), faire les provisions
de nourriture, et c'est parti pour 5 jours de trek autour du mythique
Fitz Roy!!! J'adore! Adieu les amis, je ne rentrerai jamais, je suis
trop bien ici!!! (Ah oui, au fait, pendant que vous vous pelez les
miches sous la neige, moi je suis en t-shirt en plein caniard!!!
Mouhahahahaha!!!!
Allez bisous!
Quentin, le 25 février 2013, à El Chalten