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Amsud2013

Suivez-moi pendant quelques mois en Amérique du Sud!

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Huaraz, Cordillera Blanca

Huaraz. Cordillera Blanca. Paraiso Natural. Parlons-en tiens...


Bon, vous allez vite le remarquer, je ne porte pas vraiment Huaraz dans mon cœur. Vous allez comprendre pourquoi.


En allant à Huaraz, je m'attendais à tomber sur un petit village de montagne, perdu dans un recoin de la Cordillera Blanca. Plus belle cordillère du Monde d'après je ne sais plus quelle source, et à en juger par les étoiles dans les yeux de certaines personnes que j'avais rencontrées durant mon voyage quand ils me parlaient de cette cordillère. Ca avait l'air vraiment, vraiment magnifique!
Alors la cordillère, OK, c'est beau. Pas de quoi s'enflammer non plus, mais oui, si, c'est vraiment magnifique. On en reparlera.
Mais Huaraz... Huaraz... Mais c'est la ville la plus moche de tout le continent, peut-être même du Monde!!! Loin d'être un petit village de montagne, c'est une grande ville absolument immonde, sale, délabrée, sans architecture, sans urbanisme, et avec tous les désagréments des villes : les taxis qui klaxonnent en permanence (AAAAAAAAARRETEEEEEEEEEEZZZZZZZZZZZZZZ) la pollution, pas le moindre charme (même la plaza de armas est moche, et la cathédrale n'en parlons pas. Jamais rien vu d'aussi laid), et surtout le vice de certains prêts à tout pour gratter le moindre sol (monnaie péruvienne) aux touristes.


Nous avons pu nous rendre compte de ce dernier point dés le premier jour. Accueillis, ou plutôt cueillis à peine le pied hors du bus par une horde de racoleurs sapés comme des agents secrets et armés jusqu'aux dents des cartes de tous les hostels de la ville et de petites phrases bien choisies comme "transfer gratis, informaciones Santa Cruz, desayuno gratis". A 5h du mat' après une nuit en bus, vous vous laissez finalement tenter, et entrez dans ce mini-bus gratis. On vous emmène à l'hostel, on vous montre la chambre, on vous offre comme promis le petit-déj. Jusqu'ici tout va bien. Mais vous ne le savez pas encore, mais vous êtes déjà pris au piège! Après le petit-déj, vous finissez par céder aux appels pressants du type qui vous a amené jusqu'ici et qui veut maintenant vous vendre son trek. Donc vous allez l'écouter déballer ses salades. Ça vous parait bien, le discours est bien rodé. Vous négociez un peu. Vous voulez réfléchir, mais là le type commence à être un peu insistant. Vous devez vous décider avant 9h car "je dois aller me changer, faire quatre heures de bus et marcher deux heures pour aller réserver les ânes et organiser tout, car il n'y a pas de réseau là-haut". Vous réfléchissez, posez encore quelques questions : quelle température la nuit? "Oh dix, quatorze degrés". Combien de personnes dans le groupe? "Avec vous, huit". Quelles nationalités? "No israëlitos". D'une c'était pas la question, de deux y en a quatre juste dernière nous tu crois pas qu'ils vont être un petit peu vexés par ta réponse??
Bon finalement le prix paraissait bien, en plus on connaissait l'agence, qui a bonne réputation, donc on a fini par craquer et prendre son truc. En plus il nous emmène gratis à la banque et nous ramène à l'hostel. Beaucoup de zèle quand même...


Bref, lendemain, départ. Ah non j'oubliais de préciser que le type, censé être parti dans les montagnes nous chercher des mules, nous l'avons croisé en ville à midi, toujours en costume. Tiens... On m'aurait menti?
Lendemain, départ. Groupe : 18 personnes (on a dû mal comprendre). 5 israéliennes. C'est pas (encore) un problème, mais on a quand même un peu l'amère sensation de s'être fait pipeauter sur toute la ligne...
Finalement, le trek s'est très bien passé, si on met de côté la perte d'un sac de couchage qu'on aura toutes les peines du monde à se faire "rembourser", et les nuits à -7°C (on a dû mal comprendre. Encore). Et les cinq israéliennes qui se sont révélées être des pestes de première catégorie, hyper froides, hyper désagréables. Et de piètres marcheuses! Trois heures de retard sur le reste du groupe, sur un trajet de six heures... Bref.


En revanche, car il ne faut pas souligner que les mauvais côtés, mention spéciale pour les talents de cuisinières des guides. Si le midi j'ai cru mourir de faim après le (très très) maigre repas (un minuscule sandwich au fromage, un gâteau et deux bonbons), je dois dire que le soir je me suis bien rattrapé, la quantité y était, et la qualité aussi.


Pour continuer sur les bons points, nous avons aussi fait de belles rencontres, le groupe était super, notamment trois français, Thierry, Francois et Anaïs, que nous avons retrouvés ensuite en ville autour de quelques bonnes bières et pizzas.


Les paysages étaient vraiment très beaux. Le premier jour, nous avons marché dans une vallée assez verdoyante, traversé des petits villages où l'on élève notamment les Cuyes (cochons d'Inde destinés aux cuisines des restaurants. Le cuy (oui, se dit "couille") est un plat de luxe au Pérou). Le deuxième jour, après quelques heures, nous nous retrouvons dans un cirque, entourés de montagnes, de petits lacs, et d'une véritable muraille de roche assez sombre. Muraille que nous allons devoir franchir! Le passage, un petit col au milieu de ce mur à l'air infranchissable, s'appelle Punta Union, est situé à 4750m d'altitude, et marque ici la séparation des eaux : les rivières s'écoulant d'un côté finiront leur course dans le Pacifique, les autres, sur l'autre versant, finiront dans l'Atlantique.
De l'autre côté de la muraille, que nous atteignons finalement vers midi, après une petite ascension pas bien longue ni particulièrement raide, mais rendue assez difficile par le manque d'oxygène dû à l'altitude, la vue est époustouflante : un lac bleu turquoise, absolument magnifique, s'étend en contrebas, au pied d'une montagne enneigée. Plus bas, d'autres montagnes, enneigées également, et une vallée sans fin qui s'étire à perte de vue. Et à gauche apparaît le sommet de la montagne star de la région : l'Arte quelque chose, qui n'est autre que la montagne figurant sur le logo de la Paramount Pictures. Derrière se cache l'Alpamayo, la plus belle montagne du Monde paraît-il. Mais nous ne le saurons jamais, car comme une bonne partie du groupe, nous déciderons de faire le trek en trois jours, au lieu de quatre comme c'était prévu.
J'oubliais les paysages nocturnes : le Soleil couchant qui éclaire le sommet des montagnes, la croix du Sud apparaissant entre deux montagnes, puis la pleine Lune qui prend le relai du Soleil et qui éclaire tout le paysage presque comme en plein jour (j'exagère à peine!)
Le troisième et dernier jour donc, nous marchons dans cette vallée sans fin aperçue d'en haut la veille. Au début nous marchons dans le large lit asséché d'une mince rivière, probablement beaucoup plus impressionnante au plus fort de la fonte des neiges. Puis cette mince rivière se nourrit des quelques magnifiques cascades qui dégringolent des parois abruptes des montagnes nous entourant, semblant parfois sortir de nulle part. La rivière devient au fur et à mesure un torrent rugissant! Inutile de préciser que nous ne marchons plus dans son lit, mais bien sur un petit chemin le longeant. Nous passons devant une multitude de vaches et de chevaux, paissant tranquillement ici et là, totalement libres de se déplacer où bon leur semble! Nous arrivons enfin aux abords du village où nous attend le bus. Mais d'abord, nous devons nous arrêter au milieu du chemin : nous apprenons qu'un accident a eu lieu. Des pierres sont tombées sur le chemin. Ahhh donc nous allons devoir changer de chemin? "Non, non, vous allez juste passer en groupe. Marchez vite". Ahhh. Ahhh ok! Donc nous passons, vite! Sous les encouragements (moqueries??) des travailleurs cessant de déblayer le temps de nous regarder hâter le pas comme des petits agneaux effrayés! Wè wè c'est ça rigolez bien!!


Finalement, quand j'y repense, ce trek était quand même plutôt sympa, bien que terni par cette histoire de sac de couchage, ces mensonges et ces arnaques. Car nous ne sommes pas les seuls, et en discutant avec les autres personnes du groupe, notamment nos trois amis frenchies, on a pu se rendre compte de l'imagination dont font preuve tous ces arnaqueurs à la petite semaine pour escroquer les touristes.
Après, sans pour autant leur chercher d'excuse, il faut prendre un peu de recul et regarder l'histoire de cette région et de cette communauté : la ville et de nombreux villages alentours furent complètement ravagés en 1970 par un puissant séisme. 70000 morts. La plupart des habitants ont perdu maisons, famille et amis, et probablement à peu près tout ce qu'ils possédaient. Si ça ne suffit pas à effacer ce sentiment désagréable de se faire arnaquer sans arrêt, il faut tout de même garder ça à l'esprit et essayer de se mettre un peu à leur place. Et ça explique aussi l'allure immonde de cette ville, sûrement reconstruite à la va-vite, pour parer au plus pressé.


Finalement, en bon normand, si vous me demandez si j'ai aimé mon séjour dans la Cordillère Blanche, je vous répondrai "p'tet ben qu'oui, p'tet ben qu'nan"!


Mais pour ne pas tout mettre sur le dos de cette pauvre ville de Huaraz, j'ajouterai que je n'étais peut-être pas dans les meilleures dispositions pour attaquer ce trek : le terme de mon voyage se rapproche, et peut-être que dans ma tête j'étais déjà un peu ailleurs...


Peut-être déjà un peu à... Huanchaco!!! Dernière étape! Je ne le sais pas encore, mais je me dirige peut-être (sûrement) vers la meilleure de étape de mon voyage! Pas de paysage folichon ici, mais du repos, du surf, et surtout de (deux) superbes rencontres. Happy ending!


Quentin, le 15 mai 2013, au Starbucks de Lima

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Huaraz, Cordillera Blanca
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M
Savoure bien la fin du voyage, qui se prolongera de toute façon dans tes souvenirs! Quant aux pieds nickelés qui font dans la dentelle..., fortich mais on ne tombera donc pas dans leur supercherie! A moins que d'un coup de baguette magique, la ville retrouve ses plus beaux contours? Très beau voyage! Et merci pour le partage. (erratum: c'est là que devait être le commentaire qui concernait Huaraz...)
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B
Il faut de tout pour faire un monde, des endroits pas très reluisants et d'autres super magnifiques... de pouvoir les fréquenter est surement un très grand bonheur et des souvenirs plein la tête... c'est grandi de tous ces souvenirs que tu vas retrouver ton monde.....
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S
ohhh noonnn , on va faire comment nous, maintenant , pour voyager et s'marrer sans tes photos et des récits ???? Heureux pour toi , qui t'es donné les moyens de vivre ce reve pendant 4 mois inoubliables ( enfin j'imagine ...). A très bientot
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