Suivez-moi pendant quelques mois en Amérique du Sud!
3 Mars 2013
Après cette magnifique journée, éprouvante tant physiquement qu'émotionnellement (et oui, la grimpette, l'altitude, le grand air, c'est bien beau mais c'est fatiguant!), nous consacrerons (je consacrerai) celle-ci au repos!
Enfin, plus tard, car il faut tout d'abord replier la tente, charger les sacs, et parcourir les onze kilomètres qui nous séparent du prochain camping (qui n'est autre que le premier, auquel nous retournons pour passer la nuit, vous comprendrez pourquoi plus tard). Onze kilomètres donc, faciles, dans la forêt, au frais. Juste histoire de pas s'encrasser.
Nous arrivons donc au camping sur les coups de midi, et après avoir installé les habitations et monté et étrenné une bien belle table de pique-nique, maintenant, enfin, arrive l'heure d'un repos bien mérité! Les conditions sont optimales, et, le déjeuner avalé, après m'être allongé sur le sol au Soleil, impossible de me relever! Mes co-trekkeurs trouvent le courage d'aller rendre une petite visite (impliquant tout de même plusieurs heures de marche) au glacier situé pas très loin. Visite n'ayant aucun intérêt pour moi d'ailleurs car il ne s'agit ni plus ni moins que du glacier visité le premier jour (après les péripéties du presque-îlot de la rivière). Donc, sur ce sol confortable, sous ce Soleil agréable, c'est sans aucun remord que je m'accorde une petite après-midi à ne RIEN faire. Et, comme un ange venu du ciel, vers 18h, heure de l'apéro vous en conviendrez, un homme singulièrement vêtu et chargé, débarque de nulle part et me propose, pour quelques pesos, bière et pains au fromage!!! C'est qui le plus heureux du monde???!
Pas d'autres événements à signaler pour ce quatrième jour, d'autant plus que nous nous sommes couchés de très bonne heure, et voilà pourquoi : demain, cinquième et dernier jour de trek, réveil à 5h, ascension de la montagne, lever de Soleil sur le Fitz Roy, redescente de la montagne, marche, longue marche, visite à cerro et laguna Torre, et retour au village. Gros programme, qui justifie amplement, si besoin était, cette douce après-midi d'oisiveté.
Réveil donc à 5 heures. Difficile, mais pas trop! Je m'étais fait arnaquer à Torres del Paine, ces dernières torres ayant décidé de rester couchées alors que moi je me levais à 4 heures et me tapais des kilomètres dans l'obscurité juste pour elles. Mais cette fois, le ciel est complètement dégagé, et le Fitz Roy n'a pas intérêt à faire sa feignasse, c'est moi qui vous l'dis! C'est donc parti pour une petite ascension matinale, sous un beau ciel étoilé. De la rigolade à côté de celle d'il y a deux jours. Nous ne sommes pas les seuls à avoir pris nos billets pour le spectacle, et la procession de lampes frontales s'avance telle un long serpent de lumière ondulant sur les flancs de la montagne.
Arrivés au sommet parmi les premiers, nous avons tout loisir de choisir le meilleur emplacement. C'est donc aux premières loges que nous assistons, minute par minute, aux premières lueurs de l'aube. Comble du luxe, nous avons eu la merveilleuse idée d'emporter gaz et réchaud, ainsi que tasses et café. Et oui, on ne se refuse rien. Et on a bien raison, car il fait un froid de canard, et sans le contact de la tasse brûlante sur mes doigts, je ne sais pas si j'aurais été en mesure d'appuyer sur le déclencheur de l'appareil photo!
Après cet entracte fort agréable, le spectacle peut commencer. Et comme une photo vaut mieux qu'un long discours, je vous laisse apprécier un peu plus bas cette nouvelle démonstration de tout l'art dont est capable Dame Nature.
Une fois le spectacle son et lumières (en vérité la bande son est produite par le public lui même : clic clic clic (photos...), wahhh, ohhh), le jour est maintenant bien levé, et nous pouvons redescendre, plier bagages, larguer les amarres et nous diriger vers la prochaine étape : laguna Torre, cerro Torre, et entre les deux, le glacier du Tiramisu.
Après quelques kilomètres de marche facile le long des lagos Madre et Hija, puis à travers la forêt, nous arrivons à un camping où nous pouvons déposer nos sacs et avaler un déjeuner très frugal (un demi sandwich, une demi pomme). Nous nous dirigeons enfin vers la dernière étape, un joli point de vue duquel on peut contempler la cerro Torre, dont le sommet est réputé comme le plus difficile à atteindre au Monde (voyez sa forme, vous comprendrez! C'est celui qui ressemble... à une tour). Sur ses pentes coule le fameux glacier du Tiramisu, dont j'ignore le véritable nom, mais encore une fois reportez vous aux photos et je suis sûr que vous verrez de quoi je parle! Quoi qu'en fait non, je viens de regarder, c'est pas si évident! En fait nous l'avons rebaptisé ainsi à cause de la poussière marron qui le recouvre sur sa partie basse, et qui ressemble fortement au chocolat saupoudré par la pâtissiers sur les tiramisus. Voilà voilà...
C'est maintenant l'heure de repartir en direction du village. Je devrais être fatigué, et je le suis, mais je cours presque pendant ces derniers kilomètres pourtant vallonnés, tiré en avant par mon estomac, bien peu satisfait du maigre repas qui lui a été servi, et surexcité par la vue de cet énorme tiramisu.
A la première vue du village, je redouble d'efforts, au diable la solidarité, les autres, loin derrières, retrouveront bien leur chemin tout seuls! Je fonce droit sur la boulangerie, la dévalise, et me goinfre de croissants et d'un... je suis sûr que vous avez deviné!
Pour me faire pardonner mon égoïsme, et ma cavalcade solitaire, je reviens attendre les potes avec biscuits et boissons fraiches, là où débouche le chemin. Un quart d'heure plus tard, pas de trace des copains. Ils ont dû prendre un autre chemin. Qu'à c'là n'tienne, j'ai encore faim! On se retrouvera plus tard, devant une énorme pizza, et un demi kilo de crème glacée.
Ainsi se termine ce merveilleux trek de 5 jours entre les montagnes, les forets et les steppes de cette sublime région qu'est la Patagonie.
Prochaine étape : le noroeste argentin.
Quentin, le 5 mars, à El Calafate