Suivez-moi pendant quelques mois en Amérique du Sud!
16 Février 2013
6h30, le réveil sonne. Une ultime douche chaude, peut-être la dernière avant un moment. Un petit déjeuner copieux, agrémenté d'un ultime "café", soluble évidemment (le "p'tit noir" de chez nous me manque..!). Plus qu'à boucler le sac, chargé des vivres, en quantité bien trop importante, et de l'équipement nécessaire pour 5 jours de camping. Lourd, le sac, bien trop lourd! Je vais en ch***! Pas été très bon là dessus, mais qu'à cela ne tienne, je me gaverai lors des premiers repas, quitte à finir un peu à la diette (je sais, "qu'à cela ne tienne" ça existe peut-être même plus, mais j'fais c'que j'veux, c'est mon blog!!). Ça allégera mon lourd fardeau! Il faut dire que j'ai prévu large! Chaque petit déjeuner sera composé d'un snicker, d'une pêche, d'un yaourt à boire, d'un jus d'orange, et d'une barre de céréale, plus une pour le p'tit creux de 10h. A midi sandwich, fromage jambon. L'avantage du pain d'ici (la baguette de chez nous me manque aussi..!), c'est qu'il peut se garder plusieurs jours sans perdre son "moelleux". Le soir, saucisson risotto jambon.
C'est maintenant l'heure de quitter l'auberge et d'attendre le bus. Le bus arrive presque à l'heure, et poursuit sa tournée pour récupérer les autres voyageurs dans leurs hôtels respectives. Surprise! Je retrouve dans le bus Myriam, Kenza, Zeyna et Éric, rencontrés la veille. Myriam est française, Kenza et Zeyna sont marocaines, Éric est suédois. Voilà pour les présentations. On est partis!
150 kilomètres séparent Puerto Natales du parc Torres del Paine. 150 kilomètres de Patagonie, peuplés de centaines de guanacos (lamas), et survolés par de menaçants condors guettant leur prochaine proie en décrivant de larges cercle dans le ciel. Puis se dessinent au loin les fameuses Torres, fières, dressées tels des miradors surplombant le parc et ses alentours. Premier arrêt, l'administration. Le moment de payer son billet d'entrée, d'assister au briefing (pas de feu, pas de déchets...), d'obtenir une carte du parc et enfin de consulter la météo. Météo qui conditionne le sens du parcours : en effet si vous avez bien suivi les conseils du type de l'hôtel (enfin pas vous, mais nous), si il fait beau, vous faites le parcours d'est en ouest en commençant par les Torres tant qu'elles sont découvertes. On fera donc le parcours d'ouest en est... Si vous suivez, vous l'aurez compris, le temps n'est pas au beau fixe. Pas catastrophique, mais le plafond nuageux est bas, donc les Torres ne seront pas totalement visibles.
La balade commence par un petit tour en catamaran (j'ai pas bien compris pourquoi ils appelaient ça comme ça...) sur le lac Pehoe, qui longe les Cuernos. Cornes en espagnol je suppose, vu le forme de ces deux montagnes presque jumelles. Ce lac, comme les autres lacs du parc, est vert. Ou bleu. Ou les deux. Je ne connais pas très bien les nuances de bleus ni de verts aussi je ne saurais pas vous décrire très précisément ces couleurs, mais ce sont de belles couleurs! Une belle mise en bouche! Le "catamaran" donc, vous dépose à l'embarcadère, aux abords du camping Paine Grande. C'est ici que l'on passera la nuit, mes nouveaux amis et moi. Moi en tente, eux en gite. Non je ne suis pas jaloux!
Le temps de monter la tente, préparer le casse-croute, et c'est parti pour le glacier Gray, première étape du trek W (W car le tracé du trek forme un W sur la carte. Voir carte article précédent).
Six heures de marche aller-retour, sans le sac à dos, resté au camping. Petit échauffement tranquille!
On commence par suivre une petite vallée, boisée, comme en beaucoup d'autres endroits dans le parc, d'arbres brûlés. D'où le briefing insistant sur les incendies et les déchets. L'incendie a eu lieu deux ans auparavant, et au vu des dégâts, ça devait être quelque chose... Un paysage assez surnaturel donc pour commencer. Puis la pente se raidit un peu, pour donner sur un lac, bleu, parsemé d'ilots, secs et rocailleux. Joli panorama. La promenade continue à travers les forêts dévastées, au pied d'une montagne, puis, un col plus loin, le panorama se dégage à nouveau, pour donner à nouveau sur un lac, parsemé cette fois ci... d'icebergs... D'énormes glaçons, d'un bleu étonnant de pureté. Quel calme, quelle sérénité se dégagent de ce paysage!
Quelques kilomètres plus loin et c'est un autre spectacle qui s'offre à nos yeux : le glacier Gray, la star de la ballade, apparaît sous nos yeux ébahis. Nous aurions pu nous contenter de ce spectacle magnifique, mais nous décidâmes, emplis de la vigueur du premier jour et libres de toute courbature, de pousser un peu plus loin. Riche idée! Après quelques kilomètres supplémentaires, nous nous sommes retrouvés au pied du glacier, à quelques dizaines de mètres de celui-ci, à quelques mètres seulement des séracs fraichement détachés flottant le long des rives du lac. Je ne suis pas en mesure de vous décrire l'émerveillement que vous procure cette démonstration de ce que la nature peut offrir de plus beau. Mais vous pourrez l'imaginer en regardant les photos!
Après le spectacle, vient le moment de rentrer à la "maison". Et là, c'est dur, duuur, quelques gouttes de pluie tombent, le vent se lève, mais surtout, inconvénient des randos "aller-retour", quand vous repartez, dans l'autre sens, vous n'avez plus l'excitation qui vous donnait des ailes au départ, vous avez vu ce qu'il y avait à voir, et vous passez devant tous les repères que vous aviez vus à l'aller, en vous disant "purééée, on n'en est que là!!!" Une seule solution, débrancher le cerveau et mettre un pied devant l'autre!
Voilà, c'était peut être un peu long, mais vous l'avez compris, j'ai kiffé cette première journée!!! A demain, et si j'ai autant kiffé vous verrez apparaître un gros pavé à l'écran, et si ça vous soule, alors foncez direct aux photos!
Quentin, le 12 février, parc Torres del Paine, camping Paine Grande